In English retour à  NutsíníBits   Images incorrectes ? Cliquez ici 
 
 LE CERF (1779-1780) 
Voici un modèle réduit réalisé par mon ami Kerry Jang. C'est une merveilleuse miniature a l'échelle 1:192, basée sur une monographie d'Ancre. Malheureusement, Kerry ne possède pas un appareil photo qui puisse rendre justice à son extraordinaire travail. Espérons qu'il puisse bientôt faire de meilleures photos ainsi que des gros plans. 
 
 
LE CERF (1779-1780) 
 
Historique 
(d'après la monographie Le Cerf de Messieurs Boudriot & Berti) 
Le Cerf fut lancé dans la soirée du 7 mars 1779 par  M. de Sartine, Ministre de la Marine (1774-1780) et son commandement fut confié à un de ses protégés, l'Enseigne Varages. Il eut une carrière courte mais mouvementée en pourchassant les corsaires anglais dans la Manche. Durant l'une de ces poursuites, il combattit deux cotres anglais de 14 et 16 canons, combats durant lesquels 17 hommes furent blessés. 
Le 11 juillet, Le Cerf rejoignit un petit escadron français pour pourchasser les corsaires du coté de Belle-Île et de l'Ile d'Yeu. Pendant cette chasse, son mat fut frappé par la foudre pendant une tempête (le 17 Juillet à 3H30 du matin). La foudre frappa le capelage du mat de perroquet, descendit le mat de hune, le séparant en quatre sur la longueur, terrasse un matelot en vigie sur la tête du mât, blessant un autre homme, en commotionne un troisième situé sur les barres de hune, et coupant quelques torons du grand étai et des haubans tribord.  L'éclair a continué sa course, passant à travers le trou du chat, pénétrant entre les jumelles en les faisant éclater, endommageant le bas mât, et descendant dans la cale.  Il y électrocuta trois hommes.  L'éclair continua au travers d'un des trous des câbles du grand panneau, assommant et blessant les marins se trouvant à tribord, et finalement passa au travers du filet de bastingage, précipitant trois sacs de hardes dans la mer après les avoir enflammés. D'après le rapport du commandant, "ce malheureux événement a mis la plus cruelle consternation parmi l'équipage qui ne renaît qu'après une longue harangue". 
Une fois réparé, Le Cerf navigua (14 Août 1779) avec la division dirigée par John Paul Jones, capitaine Américain du Bonhomme Richard.  Durant ce voyage, il fut chargé de trouver et ramener les déserteurs du Bonhomme Richard.  Il en trouva plusieurs sur des bateaux de pêche, mais durant la nuit, une forte houle endommagea son mat et il commença à sombrer.  Son armement fut jeté par-dessus bord pour redresser le navire, et il se dirigea au port pour réparations. 
Le 27 août, en vue de la pointe des Blaskets, Le Cerf rencontra un cotre anglais armé de 20 canons de 6 livres. Il engagea la bataille mais l'anglais s'enfuit au loin, l'armement du Cerf lui étant supérieur.  Le Cerf le pourchassa mais abandonna la poursuite quand plusieurs voiles de navires anglais furent aperçues. Le Cerf fut ensuite impliqué dans une action contre un grand navire corsaire anglais le 8 février 1790 au large des Açores. Le navire corsaire prétendit être un allié américain battant pavillon de la ville de Boston mais dès que les navires s'approchèrent l'un de l'autre pour échanger des informations, un pavillon Anglais fut hissé et ordre fut donné au Cerf de se rendre.  Une bataille s'ensuivie pendant laquelle l'équipage du Cerf tenta d'aborder le navire anglais à au moins deux reprises.  Le corsaire rompit la bataille puis s'enfuit, mais le Cerf ne put le poursuivre à cause des dommages subits par les tirs des canons du navire corsaire. 
On sait peu de choses sur Le Cerf après cette bataille, excepté que pendant la nuit du 18 au 19 Février, Le Cerf était aux Açores et subit un fort vent qui endommagea à nouveau le mat, déjà affaibli par la bataille précédente. Le livre de bord du Cerf indique simplement qu'en 1780 il était en Martinique, et c'est tout.  
 
Le Modèle 
Le modèle est à l'échelle 1:192 d'après les plans de Messieurs Boudriot et Berti. La méthode de construction est celle décrite par Philip Reed dans "Sailing Men-of-War" (Conway).  La longueur totale de la coque est d'environ 5 3/4" (14,6 cm)   
 
      
      
Diverses étapes de la construction, de Janvier à Juin 2002 
 
La coque est sculptée dans du tilleul. Le pont est fait de languettes de houx coupées et biseautées suivant le plan. Elles furent collées contre une copie du plan pour s'assurer que tous les alignements des virures soient correctement positionnés. Les canons ont été tournés dans de la tige de laiton et les affûts sont fait de houx. La chaloupe est sculptée dans un seul morceau de houx creusé et évidé. Ce travail d'évidage fut grandement facilité grâce à une lampe de forte puissance et en se guidant sur la lumière passant au travers de la coque. La charpente de la chaloupe est faite de languettes de plastique et les bancs, etc., sont faits de poirier.  Tous les aménagements et accastillages sont fait de blocs de houx ou de poirier.  Les cabillots sont des morceaux de tige de laiton collés dans le râtelier qui est fait de houx.  Les têtes des cabillots sont représentées par des points de colle.  La sculpture en relief du tableau arrière est simplement une photocopie de la pièce sur du papier épais qui a été peinte, en prenant bien soin de donner un effet de relief en appliquant des ombres et des reflets. 
Les mats sont fait de chevilles en sapin et les vergues sont toutes faites avec de la barre de laiton pour la solidité. Le gréement est un mélange de câble nichrome (gréement dormant) et de câble de cuivre étamé (pour le gréement courant).  Les boucles de câble pour les poulies et les anneaux sont faites de nichrome car ce câble est très résistant et peut subir de gros efforts.  Les anneaux, les haubans et les étais ont été fabriqués à partir de câble entortillé dans lequel une boucle du matériau était prise dans un mandrin de tour et tourné, en utilisant une mèche (dans le cas des anneaux) ou une paire de pince pour tenir l'extrémité et serrer fortement. Les poulies sont représentées par des disques de papier coloré en marron à l'aide d'un feutre. Les voiles et les pavillons sont fait de papier vélin peint et ligné à l'aide d'un crayon.  
La mer est faite d'une feuille de plastique d'imitation utilisée par les modélistes ferroviaires. Ce matériau est une feuille transparente d'un solide plastique ABS qui doit être placé au-dessus d'une base peinte en bleu. Cela m'a semblé inutile, à la place j'ai collé la feuille sur la base avec des petits morceaux de bois dessous pour former des vagues. La coque du modèle a été placée temporairement dans un trou de la feuille et les vagues ont été sculptées avec de la pâte époxy Milliput.  Une fois sec, la mer autour du navire a été texturée avec du gel acrylique, puis une fois sec peinte en bleu. Le navire a été collé sur la base et par la suite, toute la base a reçu plusieurs couches de vernis brillant pour lui donner de la profondeur. 
Les seuls autres accessoires commerciaux utilisés sur ce modèle sont de la chaîne et des figurines à l'échelle "z" (1:220) 
 
Le modèle terminé, disposé sur sa base simulant l'océan. 
 
VOYEZ AUSSI L'AMBITIEUX, UN VAISSEAU DE 80 CANONS  
VOYEZ AUSSI LA JACINTHE, UNE GOÉLETTE 
VOYEZ AUSSI LE COUREUR, UN CHASSE-MARÉE 
VOYEZ AUSSI 1778, UN DIORAMA 
Pour visiter le site NutsíníBits cliquez ici